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Festival Amadeus

Le Courrier 1/09/2011

 

CLAIRE RUFENACHT le Courrier, le 1er septembre 2011
Ce soir, à la Grange de la Touvière, à Meinier, a lieu le premier concert du Festival Amadeus qui se déroule jusqu'au 11 septembre. Cette année, comme toutes les trois éditions depuis sa création il y a une vingtaine d'années, un nouveau directeur reprend les rênes de cette semaine musicale bucolique.
Alexandre Tharaud, pianiste français de renommée internationale, s'est vu proposer le poste par le Comité de l'Association Amadeus.
Entre deux répétitions – il jouait à Tannay vendredi dernier –, il évoque avec plaisir cette nouvelle casquette: «Le Comité est venu me proposer cette tâche en février 2010, après mon concert au Victoria Hall.» Récemment enregistrées pour Virgin, les sonates de Scarlatti, qui avaient alors enchanté le public genevois, sont également au programme du festival, mais dans une version peu ordinaire: c'est aux côtés du chanteur et guitariste flamenco Alberto Garcia que le pianiste interprétera les pièces baroques. Et ce ne sera pas le seul cocktail détonnant de cette édition 2011. Dans une forme d'œcuménisme musical, des dialogues entre les musiques dites «classiques» et d'autres «traditionnelles» se noueront dans la commune de Meinier.
Musiques en miroir
En véritable alchimiste, Alexandre Tharaud se réjouit notamment du concert du samedi 10 septembre (18h30), rencontre entre Céline Frisch au clavecin et Fadhel Messaoui à l'oud. «C'est absolument fantastique, cette expérience, avec ces deux instruments-frères dont les timbres ne sont pas très éloignés. La musique de Rameau est excessivement ornementale, et c'est émouvant de l'entendre en miroir avec la musique du monde arabe.» C'est pour le directeur «le point culminant du festival».
Notons également la rencontre intitulée «Dix siècles de musique de la Méditerranée et leur résonance aujourd'hui», mêlant le violoncelle de JeanGuihen Queyras, le zarb et le daf des frères iraniens Chemirani et le kementché et laouto de Sokratis Sinopoulos (ve 2, 20h30). Même si «un lien de confiance doit s'établir entre le programmateur et le public», estime Alexandre Tharaud, «il faut aussi faire découvrir de nouvelles choses». Et pour ce pianiste qui n'a jamais imaginé son «métier d'interprète sans la dimension de créateur», il est naturel de proposer une création mondiale.
Place aux jeunes
Ainsi a-t-il accéléré la rencontre entre le compositeur franco-américain Noël Lee et le quatuor Diotima, qui souhaitait justement lui passer une commande depuis plusieurs années. Et comme le directeur ne voulait surtout pas faire «un festival Alexandre Tharaud», soutenant que c'est davantage celui du Comité et des bénévoles, le pianiste associé au quatuor pour cette soirée de musique contemporaine (je 8, 20h30) sera son ami et directeur adjoint, Frédéric Vaysse-Knitter.
Comme chaque année, la place est également donnée aux jeunes musiciens. Trois concerts permettront de faire découvrir les lauréats du Festival Juventus de Cambrai – celui de l'organiste genevois Hadrien Jourdan à l'Eglise de Vandœuvre affiche déjà complet.
Si l'éclectisme est un élément essentiel de cette édition, Beethoven y trouve aussi sa place. Au travers de sa musique de chambre (sa 3), mais aussi grâce à l'admiration qu'il inspire à l'homme de théâtre, poète et compositeur Jacques Rebotier, en résidence à la Ferme de la Touvière. Celui-ci a investi les lieux avec notamment son installation postale sonore «Für Ludwig» dont le vernissage a lieu demain. Il semblerait qu'elle ne manque pas d'humour...
Fil rouge du festival, les «minutes Rebotier» à 19h59, préludes au concert de la soirée
ou critique de la veille, représentent l'esprit de la cuvée Amadeus 2011: d'abord la spontanéité et l'ouverture, puisqu'elles sont encore une surprise, même pour le directeur; ensuite, l'émerveillement lié à la magie du lieu, car elles auront pour cadre un endroit encore inconnu du festival, «sous la pierre». Plusieurs concerts se donneront à guichets fermés – c'est bon signe.  Claire Ruffenacht  le 1er septembre 2011   

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